TÉMOIGNAGE

 

La Lutte contre l’illettrisme, Delphine Bochet-Drivet - responsable des ressources humaines de l’ADMR témoigne

Une réunion de sensibilisation à la lutte contre l’illettrisme avait été organisée par la CCI, en octobre 2008.
Delphine Bochet-Drivet nous explique aujourd’hui combien ce problème est délicat et la nécessité de s’y atteler.


>> CCIJ
Pouvez-vous nous présenter l’ADMR ?

>> Delphine Bochet-Drivet
Dans le Jura, notre structure compte 31 associations juridiquement distinctes : 29 associations ADMR locales, dont neuf services de soins infirmiers à domicile (SSIAD), une fédération départementale et une association domicile services. 824 personnes salariées (soit près de 490 équivalents temps plein) sont réparties au sein de ces 31 structures. Chaque association locale est en outre animée et gérée par une équipe de bénévoles. Dans le département, plus de 500 bénévoles mettent ainsi leur énergie au profit de l’organisation, ce qui permet d’aider environ 7 300 personnes et représente un total de 686 000 heures d’intervention.

>> CCIJ
Rencontrez-vous des situations où l’illettrisme représente un problème au travail ?

>> Delphine Bochet-Drivet
La fédération intervient en qualité de conseil auprès des associations. Ces dernières restent libres de gérer les difficultés auxquelles elles sont confrontées en interne ou de solliciter son soutien. Le plus souvent, nous ne pouvons que supposer que le salarié est en difficulté du fait de son illettrisme.

>> CCIJ
À quel niveau ?

>> Delphine Bochet-Drivet
En règle générale, dans les métiers d’aide à domicile, l’oral tient encore une place importante : transmission des informations en réunion hebdomadaire, communication orale avec le bénéficiaire, sa famille ou les intervenants extérieurs comme l’infirmière ou le kiné... Néanmoins, nous nous dirigeons de plus en plus vers une formalisation écrite des pratiques, notamment dans le cadre de la mise en place de la norme qualité. C’est pourquoi les obstacles liés à l’illettrisme seront difficilement surmontés par des procédés oraux.

Chaque salarié doit, par exemple, remettre en fin de mois un document écrit, où il indique un certain nombre de renseignements. Au regard de la forme de l’écriture, des imprécisions et des erreurs, nous pouvons présupposer des cas d’illettrisme chez certains salariés. De la même façon, un cahier de liaison doit être rempli par le salarié au domicile des bénéficiaires, afin de consigner les évènements essentiels de la journée pour les autres intervenants. Si le salarié a des difficultés à le aire et ne peut y pallier par d’autres processus, l’information ne circule pas correctement.

>> CCIJ
Que souhaitez-vous mettre en place dans votre structure, suite aux actions de sensibilisation à la lutte contre l’illettrisme menées par la CCI ?

>> Delphine Bochet-Drivet
Dans un premier temps, il est important d’informer chaque association de cette action, afin qu’elle puisse prendre conscience des conséquences. Une plaquette informative sera ainsi distribuée aux associations pour les alerter. Ensuite, si elles le souhaitent, nous pourrons les aider à mettre en place des outils de détection ou de veille.

>> CCIJ
Quels sont les objectifs de votre démarche ?

>> Delphine Bochet-Drivet
Nous espérons sensibiliser les associations à ce problème qu’elles rencontrent ou seront amenées à rencontrer, sans pour autant savoir le définir clairement. Ainsi, mieux informées, elles seront capables de mettre en place le bon diagnostic et d’apporter la meilleure solution.

Propos recueillis par Jennifer Seppings

L'OFFRE PRODUIT de la CCI du Jura

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